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مقابلة صحفية مع جريدة liberté

أجرى الدكتور عبد الرزاق مقري أمس حوارا صحفيا مع جريدة liberté  بمقرها .. إليكم الحوار كاملا 

Le président du MSP Dr. Abderrazak Makri a donné un interview au journal Liberté 

: Voici l’intégralité du texte de l’entretien 

Pour une grande partie de l’opposition, le pouvoir en Algérie est un mal absolu. Pour certains, un mal nécessaire…

Dans son laïus préliminaire, Abderrezak Makri, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), invité hier du forum de Liberté, n’a pu s’empêcher de dresser un bilan de la situation politique actuelle. Il souligne notamment l’affaiblissement des institutions, la généralisation de la corruption et l’échec des réformes dans tous les domaines. Il regrette ainsique l’institution législative ne soit plus un lieu de débat, que la justice perde de jour en jour de sa crédibilité, que l’institution militaire soit malmenée par des rumeurs et des accusations sans précédent, que l’institution présidentielle soit devenue un ensemble de bureaux vacants…Bref, pour l’orateur, rien ne va plus alors que les jeux ne sont toujours pas faits. Makri explique que la gestion courante des affaires du pays est déterminée par une forte réactivité face aux urgences, aux évènements nationaux et aux aléas d’ordre exogène. Il n’y a ni vision ni prévision en Algérie. Nos dirigeants n’ont, pour ainsi dire, aucune stratégie, autre, bien sûr, que celle de se maintenir au pouvoir par n’importe quel moyen : “L’État algérien est, à chaque fois, surpris, comme peut l’être le commun des Algériens par des évènements qui deviennent très vite des crises majeures.” Une carence qu’il illustre notamment par la situation à Ghardaïa, les manifestations à In-Salah contre l’exploitation du gaz de schiste, l’affaire Tiguentourine et enfin, last but not least, la chute des prix des hydrocarbures. Concernant la corruption, qui, selon lui, détermine aujourd’hui le fonctionnement politique en Algérie, l’invité de Liberté déplore non seulement que cette tare ait rongé l’économie nationale en empêchant son essor, mais aussi qu’elle en soit arrivée à déplacer l’axe de la prise de décision politique des institutions de l’État vers des “centres d’intérêts non visibles”. Ceci pour la grande corruption.
Quant à la prévarication ordinaire qui consiste à élargir le cercle des courtisans, Makri note que celle-ci s’est emparée d’un grand nombre de petits fonctionnaires, partout dans le pays, à tous les niveaux de la hiérarchie, c’est-à-dire à tous les étages. Résultats des courses : cette conjonction de grands maux s’est soldée par un échec patent des réformes, le blocage de la démocratie, la mauvaise gouvernance et une faillite sans appel en matière de développement économique. Cette indigence est précisément mise en relief par Makri lorsqu’il évoque la panique et les incertitudessoulevées par la chute des prix des hydrocarbures.

La CLTD, une révolution
Seule embellie dans le tableau brossé par le patron du MSP, l’avènement de la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (CLTD) en 2014, “la meilleure année”, selon lui, en termes d’action politique depuis l’Indépendance du pays. Dès l’ouverture du débat avec la salle, Abderrezak Makri s’est vu aussitôt assailli de questions sur cette idée nouvelle du MSP à vouloir reprendre langue avec le pouvoir en dehors de la CLTD : “Permettez-moi de rappeler que nous avons beaucoup œuvré à l’installation de cette coordination qui jouit à présent de la crédibilité que tout le monde lui reconnaît. Ceci dit, nous avons aussi notre programme politique. Il n’y a, par conséquent, rien d’étrange dans notre démarche car il est permis à chaque parti ou personnalité d’agir comme bon lui semble.” S’agissant du “timing”, Makri l’explique par la situation économique du pays qui s’est considérablement aggravée avec la chute du prix du pétrole. “L’élément nouveau est la détérioration de la situation économique, une faillite mise en exergue même par les alliés du pouvoir”, avance-t-il. C’est ainsi que s’est présentée,d’après lui, l’opportunité de lancer une nouvelle série de contacts avec tous les partenaires et partis politiques afin d’aller résolument vers le changement. Les mots ont un sens : une transition démocratique négociée implique nécessairement la participation du pouvoir : “Le principe même d’une transition négociée réside dans le dialogue avec le pouvoir en place. Ce qui n’entrave, en aucune manière, le travail de la CLTD. Bien au contraire, il s’agit d’un travail complémentaire. Sans le pouvoir, nul changement pacifique et dans la sérénité.” Et de rappeler, à cet égard, que la CLTD n’est pas un parti unique, que chacun de ses membres peut agir individuellement. “Un parti politique a besoin d’agir, de ressourcer ses potentialités, de mobiliser ses militants, de se rapprocher des citoyens, etc.” C’est, somme toute, d’après lui, “un travail normal”, de la routine qui ne doit pas donner lieu à une “polémique inutile”. Pour lui, si le MSP a décidé d’agir en solo, c’est pour justement promouvoir et concrétiser les objectifs de la CLTD. “Et puis cela n’est pas nouveau : nous faisons déjà ‘cavalier seul’ dans plusieurs domaines. Permettez-moi de vous rappeler que nous sommes un parti national et que nous tenons en moyenne un meeting par semaine au nom du parti.” Finalement, Makri, en redoutable homme politique réussira à faire admettre qu’il agit précisément à faire valoir l’initiative à laquelle sa formation politique a adhéré : “Nous sommes conscients de notre responsabilité vis-à-vis de la CLTD et de l’Isco (Instance de suivi et de coordination de l’opposition NDLR)”. On lui rétorquera, toutefois, que la plate-forme de Zéralda n’a connu, pour l’heure, aucune suite de la part du pouvoir, réputé en Algérie d’être frappé d’autisme.

Dialoguer avec qui ?
“Dois-je rappeler que c’est le MSP qui a été délégué par la CLTD pour remettre cette plate-forme à la présidence de la République ? Vous savez, on n’est pas naïf à ce point. On ne s’attendait pas à une réponse immédiate, voyons ! On a, certes, soumis ce document aux autorités mais cela ne nous exempt pas de continuer à militer pour faire évoluer les rapports de force. C’est, d’ailleurs, ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui. Nous sommes, dans la même la logique, à savoir celle d’obtenir de nouveaux alliés, celle de faire réussir le projet de la CLTD.” Mais avec qui discuter sachant que le premier magistrat du pays en est aujourd’hui complètement incapable ? Et puis, selon quelles règles et quels critères ? Loin de se débiner, Makri reconnaît, d’emblée, ses limites : “Je ne sais pas encore. On va voir… L’Armée et la Présidence sont, certes, parties prenantes du pouvoir… Le reste est une façade sans pouvoir réel… Enfin, toutes les hypothèses seront étudiées”, se borne-t-il à répondre avant de préciser : “Si nous sommes prêts à écouter n’importe qui, nous devrons néanmoins nous adresser à des institutions officielles et dans la transparence. C’est par de telles démarches qu’ont peut instaurer la démocratie”. Et si une fois de plus, le pouvoir venait à refuser le changement ? “Nous serons alors dans une position plus confortable que la sienne. Si, en effet, l’autre partie refuse le dialogue, on sera les gagnants en prouvant au citoyen que le problème est du côté du pouvoir.” Invité à définir sa conception de “rupture avec le pouvoir”, Makri ne dérobera pas devant l’exercice en expliquant qu’un parti au pouvoir a la lourde responsabilité de gouverner et d’obtenir de bons résultats particulièrement dans le domaine économique alors que le rôle de l’opposition consiste à contrôler l’action du gouvernement. “Une rupture totale avec le gouvernement cela n’a jamais existé dans aucun pays aumonde.
Les sciences politiques n’ont pas prévues cela. Un système démocratique se définit d’abord par un dialogue entre l’opposition et le gouvernement. Et si une fois de plus, le pouvoir refuse le changement, on sera dans une position plus confortable que la sienne. Si l’autre partie refuse le dialogue, on sera les gagnants en prouvant notamment au citoyen que le problème est du côté du pouvoir.”

Le sabotage du FFS
Interrogé ensuite au sujet de l’initiative du Front des forces socialistes (FFS) qui se dit à la recherche d’un “consensus national”, Makri n’ira pas par quatre chemins pour fustiger ce qu’il qualifie de tentative d’effritement des efforts de l’opposition. La réponse de Makri a le mérite de la clarté : “Pour résumer, il y a deux initiatives en compétition, celle de la CLTD et celle du FFS. La notre est antérieure à celle du FFS. La notre vise à rassembler l’opposition alors que celle du FFS consiste à l’effriter. Le FFS a réussi à induire en erreur certaines parties et à semer l’amalgame dans l’opinion. C’est pourquoi, nous voulons faire valoir aujourd’hui l’initiative à laquelle nous avons adhéré, c’est pourquoi, on ne veut pas laisser le terrain au FFS, voila le message est clair. Vous tenez votre scoop !”

Makri n’a pas peur de Soltani
Quant à la dissidence dans les rangs du MSP, Makri qu’on dit en bisbille avec son prédécesseur Bouguerra Soltani ne se démontera pas outre mesure face aux questions des journalistes. “Je n’ai pas répondu Soltani et ce ne sera pas aujourd’hui l’occasion. Le MSP n’est pas un mouvement policier. Je ne suis pas fâché contre Soltani. Son problème est avec les structures puisque toutes les décisions sont prises à l’unanimité dans les institutions du parti. Cette ligne, c’est le congrès qu’il l’a tracée. Et par les suffrages, s’il vous plaît ! Il a été décidé, ainsi, de rejoindre les rangs de l’opposition et de ne revenir au gouvernement que suite à des élections ou dans des circonstances exceptionnelles liées au contexte national.”
“Au MSP, on respecte l’avis d’autrui. Pourquoi une telle inquiétude, cela ne porte pas préjudice à notre mouvement ni à l’intégrité de ses institutions ? Laissez parler Soltani et faire valoir ses opinions. Où est le problème s’il s’exprime ?”, interroge- t-il, à son tour, les journalistes.
L’essentiel, pour lui, est que les rangs du MSP restent serrés et pour cela il s’y engage. “Chacun a le droit d’exprimer son opinion et chacun a le droit de ne pas être d’accord. Il faut ancrer cette idée en Algérie. C’est une question de culture politique !”

 

 

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